Commentary on Chapter 26
TRAGEDY ALSO AS WELL AS THE EPOPEE MAY ATTAIN ITS END WITHOUT REPRESENTATION, FOR WE CAN JUDGE OF ITS MERIT BY READING ONLY.
TRAGEDY THEN HAS EVERY REQUISITE IN COMMON WITH THE EPOPEE SINCE IT MAY EQUALLY USE VERSE.
AND TRAGEDY POSSESSES ANOTHER ADVANTAGE IN CONFINING THE ACTION BY WHICH THE END OF THE IMITATION IS ATTAINED WITHIN A NARROWER COMPASS. FOR BEING AS IT WERE CONDENSED, IT BECOMES MORE INTERESTING THAN IF IT WERE PROTRACTED THROUGH A LONGER PERIOD OF TIME.
THE ILIAD AND ODYSSEY ARE AS MUCH THE IMITATION OF ONE ACTION AS THE NATURE OF THE COMPOSITION WOULD ADMIT
IF TRAGEDY THEN EXCELS IN ALL THESE CIRCUMSTANCES, AS WELL AS IN THE EFFECT WHICH IT IS THE PECULIAR END OF THE POETIC ART TO ATTAIN-IT WILL CERTAINLY BE MORE EXCELLENT THAN THE EPOPEE FROM ATTAINING THE END OF THE ART ITSELF MORE EFFECTUALLY.
Poetics. Aristotle. ed. Henry James Pye. London. 1792.
Current edition Experimental
Commentary on the Poetics (Henry James Pye, 1792) (OCR draft) (English) (Henry James Pye's 1792 English commentary, aligned to the Kassel reference edition.)
Provisional text from uncorrected OCR; expect errors.
Translations (1)
La poëtique d'Aristote (André Dacier, 1692) (OCR draft) Experimental (André Dacier's French translation of Aristotle's Poetics, published in 1692.) — 26 focus
CHAPITRE VINGT-SIXIEME.
1.
25.1 SI l'on veut ſçavoir, & le nombre, & la qualité des lieux communs, d'où l'on tire les objections qu'on fait aux Poëtes, & les réponſes qu'on peut faire à ces objections, on n'a qu'à lire ce Chapitre.2.
25.2 Puiſque le Poëte eſt un imitateur, auſſi bien que le Peintre, & que le Statuaire, il faut neceſſairement qu'il imite une de ces trois choſes, car il repreſente 25.3 un ſujet tel qu'il étoit, ou tel qu'il eſt; tel qu'on le dit, ou qu'il luy paroît; ou tel qu'il doit être, & pour cela il ſe ſert, ou des mots propres, ou des mots étrangers, ou des metaphores, & de tous les autres changemens de la diction, dont les Poëtes ont la liberté de ſe ſervir.3.
25.4 D'ailleurs il faut bien ſe ſouvenir qu'on ne doit pas juger de l'excellence de la Poëſie, comme de celle de la Politique, ni même, comme de celle de tous les autres Arts.4.
25.5 Il y a deux défauts dans la Poëſie, l'un qui vient d'elle, & l'autre qui ne vient que par accident. 25.6 Quand elle choiſit des ſujets au deſſus de ſes forces & de ſa portée, voilà celui qui vient d'elle; & quand elle choiſit des ſujets qui ne ſont pas au deſſus de ſes forces, mais qui ſont vicieux, voilà celuy que j'appelle par accident, elle repreſente, par exemple, un Cheval qui remüe en même temps les deux pieds droits. Elle peut pecher de même contre les regles de tous les autres Arts, comme contre la Medecine, la Geographie, &c. ou traiter des choſes impoſſibles; mais tous ces défauts, quels qu'ils ſoient, ne viennent point d'elle.5.
25.7 Il faut donc tirer de ces lieux là les réponſes qu'on doit oppoſer aux reproches qu'on fait aux Poëtes. 25.8 Premierement ſi le Poëte avance des choſes impoſſibles dans les regles mêmes de ſon Art, il commet une faute ſans contredit. Mais elle ceſſe d'être faute, lorſque par ce moyen il arrive à la fin qu'il ſe ſe propoſée; car il a trouvé ce qu'il cher-choit. Par exemple, ſi par là il rend cet endroit, ou quelqu'autre partie de ſon Poëme, plus étonnant & plus admirable, & tel eſt cet endroit de l'Iliade, où Achille pourſuit Hector.6.
25.9 Que ſi le Poëte a pû parvenir à la même fin, & faire à peu prés le même effet, ſans violer les regles de ſon Art, alors ſa faute n'eſt plus pardonnable; car il faut ſi il eſt poſſible s'empêcher de tomber dans aucun défaut.7.
25.10 Il faut encore bien examiner ſi la faute, dont il eſt queſtion, eſt faite contre l'art du Poëte, ou ſi c'eſt une faute par quelqu'autre accident que ce ſoit. Car la derniere eſt bien plus legere, & on excuſera bien plus volontiers un Poëte qui aura ignoré que les biches n'ont point de cornes, que celuy qui aura fait une méchante imitation.8.
25.11 De plus on reproche ſouvent aux Poëtes qu'ils ne ſuivent pas la verité dans les caractéres qu'ils forment; mais on fait voir, qu'ils les forment comme ils devroient être, ou comme ils ſont. Et c'eſt ainſi que Sophocle & Euripide répondirent à leurs Cenſeurs; Sophocle en diſant, qu'il faiſoit ſes heros comme ils devoient être; & Euripide, qu'il les faiſoit comme ils étoient. Et c'eſt ainſi qu'on doit répondre à ces fortes d'objections.9.
25.12 Que ſi on ne peut ſe ſervir d'aucune de ces deux maniéres pour les réfuter, il faut avoir recours à la renommée, & faire voir qu'on l'a dit ainſi. C'eſt par-là qu'on ſauve ce qu'Homere a dit des Dieux; 25.13 car il peut bien être que ce qu'il en dit n'eſt, ny vray, ny meilleur de cette maniére; mais il a ſuivi ce qu'on en a publié, & d'ailleurs, comme Xenophanes l'a fort bien dit, qui eſt aſſuré de connoître ſur cela la verité?10.
25.14 Il arrive quelquefois que la choſe n'eſt pas mieux, comme le Poëte la dit; mais il la raporte, comme elle eſt, & c'eſt ainſi qu'on répond à la Critique qu'on fait à Homere ſur cet endroit, où il dit que les Troupes de Diomede dormoient prés de leurs piques toutes droites, qu'ils avoient fichées en terre; car c'étoit alors la coûtume de ces peuples, comme cela paroît encore par ce que font aujourd'huy les Illyriens.11.
25.15 Pour bien connoître ſi une choſe eſt bien ou mal dite, ou bien, ou mal faite, il ne faut pas ſe contenter d'examiner la choſe même, & de voir ſi elle eſt bonne ou mauvaiſe, il faut encore avoir égard à celuy qui parle, ou qui agit, & à celuy à qui il s'adreſſe, & bien peſer le temps, le moyen, & la fin; car certaines choſes, qui paroiſſent mauvaiſes, peuvent être faites pour procurer un plus grand bien, ou pour éviter un plus grand mal.12.
25.16 On peut encore rendre beaucoup de Critiques inutiles par le moyen de l'expreſſion, en faiſant voir, par exemple, que ce, qu'on prend pour un mot propre, peut être un mot étranger qui a une ſignification toute differente. Ainſi quand on reproche à Homere d'avoir dit mal à propos, que la peſte s'atta-cha premierement aux mulets, on peut répondre que dans ce paſſage le mot qu'on explique mulets, ſignifie des gardes, des ſentinelles, & qu'Homere a pû le prendre dans ce ſens-là. Quand il a dit de Dolon, qu'il étoit mal fait, il a voulu parler du viſage, & non pas du corps, car les Candiots, pour dire un homme qui eſt beau de viſage, ſe ſervent d'un mot qui eſt compoſé de celuy, dont Homere ſe ſert. Quand on accuſe le mème Poëte d'avoir fait donner du vin pur aux Ambaſſadeurs qu'Agamemnon envoyoit à Achille, on le juſtifie en faiſant voir que le mot Grec ne ſignifie pas du vin pur, comme on en donne aux yvrognes, mais qu'il ſignifie promptement.13.
25.17 On les juſtifie encore tres ſouvent, en faiſant voir, qu'ils parlent par metaphore, & c'eſt ainſi qu'on ſauve tous ces endroits d'Homere, quand il dit, que tous les Dieux & tous les hommes dormoient hors Jupiter, il met tous pour la plupart, pour beaucoup. Quand il dit d'Agamemnon enfermé dans ſa tente, au milieu de ſon camp, qu'il jettoit les yeux ſur le camp des Troyens, jetter les yeux, eſt un terme metaphorique, qui ne ſignifie là, que penser, repaſſer dans ſon esprit. Quand il dit dans le mème endroit, la voix des flutes & des chalumeaux, la voix eſt là pour le ſon. Enfin quand il dit, en parlant de l'Ourſe, qu'elle eſt la ſeule conſtellation qui ne ſe baigne pas dans l'Ocean, la ſeule, c'est-à-dire, la principale, la plus connuë, car ce qui eſt le plus connu, eſt toûjours ſeul.14.
25.18 Il arrive auſſi quelquefois, qu'on répond ſolidement aux Cenſures des Critiques, par un ſeul changement de ton ou d'accent, & c'eſt ainſi qu'Hippias de Thaſos a ſauvé Homere ſur cet endroit, où Jupiter envoye un Songe à Agamemnon, car on l'accuſoit d'avoir fait dire un menſonge par Jupiter, & cette accuſation ſeroit tres bien fondée s'il étoit vray que Jupiter dît, nous luy accordons une grande gloire; mais en changeant l'accent on trouve qu'il commande ſeulement au Songe de luy promettre cette gloire, & cela eſt bien different.15.
25.19 Le mème Hippias défend auſſi par ce moyen ce Poëte dans ce paſſage, où aprés avoir parlé d'un bois bien ſec, on l'accuſe de dire enſuite, qu'une partie de ce bois eſt corrompüe par la pluye; car il fait voir, que ce qu'on a pris pour un pronom eſt une particule negative, & qu'Homere dit, que la pluye ne corrompt jamais ce bois.16.
25.20 On ſauve auſſi beaucoup d'endroits par une differente ponctuation, & c'eſt ce qui a juſtifié Empedocle, qu'on avoit accuſé de s'être contredit dans les vers, où il expliquoit les principes des choſes.17.
25.21 Quelquefois on a recours à l'ambiguïté, comme dans ce paſſage, où Homere dit, que la nuit eſt plus des deux tiers paſſée, & qu'il en reſte encore le tiers; car on ſauve cette contradiction apparen-te, en expliquant le mot plus, qui eſt ambigu dans l'original.18.
25.22 Pour défendre les Poëtes, on employe ſouvent auſſi l'autorité de l'uſage, qui fait, par exemple, qu'on appelle du vin, un vin qui eſt mêlé d'eau. Et c'eſt ainſi qu'on excuſe ces expreſſions d'Homere qui dit des botines d'eſtain, quoyqu'elles fuſſent de fer, & qu'il n'y eût qu'un peu d'eſtain dans la ſoudure; qui appelle Ouvriers en airain, les forgerons qui travaillent le fer, & qui dit, en parlant de Ganymede, qu'il verſe du vin aux Dieux, quoyque les Dieux ne boivent pas de vin. Mais toutes ces expreſſions peuvent être ſauvées auſſi par la metaphore.19.
25.23 Toutes les fois qu'un mot ſemble ſignifier quelque choſe de contraire au deſſein du Poëte, il faut examiner toutes les differentes ſignifications, que ce mot peut avoir dans le paſſage en queſtion. Par exemple, dans l'endroit où Homere décrit le combat d'Enée & d'Achille, il dit que la lance du Troyen perça les deux premieres lames du bouclier de ſon ennemi, & s'arrêta à la troiſiéme; ce mot s'arrêta, qui ſemble ſignifier, qu'elle y demeurera fichée, ſignifie qu'elle ne pût paſſer plus avant, & qu'elle fût repouſſée. Et le plus court moyen de ſe tirer de ces endroits, c'eſt de prendre le mot dans un ſens tout contraire à celuy qu'on luy donne ordinairement.20.
25.24 Il arrive tres ſouvent comme Glaucon l'a fort bien dit, que les Critiques ſe preocupent, & s'entêtent ſans raiſon de certaines choſes avant que de lire les Poëtes, & perſuadez que leur ſentiment eſt le ſeul raiſonnable, ils condamnent ſans autre examen tout ce qui ſe trouve contraire à leur opinion. 25.25 C'eſt de ce faux préjugé qu'eſt née la Critique qu'on a faite à Homere ſur le ſujet d'Icarius pere de Penelope; car ſes Cenſeurs, prévenus que cet Icarius étoit Lacedemonien, ont fort blâmé ce Poëte de ce que Telemaque arrivant à Lacedemone, va loger ailleurs que chez ſon grand pere. Mais qu'ils faſſent taire auparavant les Cephaleniens, qui ſoûtiennent qu'Ulyſſe ſe maria dans leur païs, & que ſon beau-pere s'appelloit Icadius, & non pas Icarius. Juſques-là, ce qu'ils prennent pour une Critique fort juſte, ne ſera tout au plus qu'une queſtion.21.
25.26 En general, quand on accuſe les Poëtes d'avoir dit quelque choſe d'impoſſible, il faut examiner cette impoſſibilité, par raport à la Poeſie, ou par raport à ce qui eſt mieux, ou par raport à la renommée. 25.27 Par raport à la Poëſie, car on montre que l'impoſſible vray-ſemblable, doit être preferé au poſſible, qui n'a aucune vray-ſemblance, & qui ne ſeroit pas crû, & c'eſt ainſi que Zeuxis faiſoit ſes tableaux. 25.28 Par raport à ce qui eſt mieux, car on fait voir que la choſe eſt plus excellente & plus merveilleuſe de cette maniere, & que les originaux doivent toûjours avoir le deſſus. Enfin par raport à la renommée, car on prouve que le Poëte n'a fait que ſuivre l'opinion commune. 25.29 Tout ce qui paroît abſurde ſe peut juſtifier auſſi par ces trois moyens, ou par cette maxime qu'on a déja raportée, qu'il eſt vray-ſemblable, qu'il arrive beaucoup de choſes contre la vray-ſemblance.22.
25.30 Pour les choſes qui ſemblent contraires à ce que l'on a déja dit, il faut les examiner, comme on examine les objections dans la dialectique. C'eſt-à-dire, qu'il faut voir ſi c'eſt la même choſe, ſi elle va à la même fin, & ſi elle eſt dite de la même maniére. Il eſt encore fort bon de conſiderer ſi celuy qui parle, parle de ſon chef, ou ſi il ne parle que ſur le rapport de quelque homme prudent & ſage.23.
25.31 Les Critiques juſtes, & auxqueles on ne peut répondre, ſont celles, où l'on fait voir qu'un endroit eſt déraiſonnable & abſurde, & qu'un autre eſt méchant; un Poëte tombe dans le premier vice, lorſque ſans aucune neceſſité, il a recours à une choſe qui eſt ſans raiſon, & telle eſt la faute d'Euripide dans ſon Egée. Et il tombe dans le ſecond, quand il introduit, par exemple, un méchant caractére ſans neceſſité, & tel eſt le caractére de Menelas dans l'Oreſte du même Poëte.24.
25.32 Les objections qu'on fait aux Poëtes ſe reduiſent donc à cinq Chefs; car on leur reproche, qu'ils diſent des choſes qui ſont, ou impoſſibles, ou abſurdes, ou méchantes, ou qui ſe contrediſent ou qui ſont contre les regles de l'Art. Et les réponſes qu'on y peut faire ſe tirent des lieux que nous avons marquez, & qui ſont douze en tout.Commentary
Commentary on the Poetics (Ingram Bywater, 1909) (OCR draft) (Ingram Bywater's English commentary on Aristotle's Poetics.) focus
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Remarques sur la poëtique d'Aristote (André Dacier, 1692) (OCR draft) (André Dacier's French commentary on Aristotle's Poetics.) focus
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Commentary on the Poetics (Thomas Twining, 1789) (OCR draft) (Thomas Twining's notes on Aristotle's Poetics, aligned to the Kassel reference edition.) focus
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NOTE 265. P. 132.
Tibicen, traxitque VAGUS per pulpita vestem.
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NOTE 269. P. 133.
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NOTE 271. P. 134.
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NOTE 272. P. 134.
273.
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NOTE 273. P. 134.
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NOTE 274. P. 134.
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NOTE 275. P. 134.
276.
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NOTE 276. P. 134.
Of father, son, and brother,
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NOTE 277. P. 135.
Commentary on the Poetics (Henry James Pye, 1792) (OCR draft) (Henry James Pye's 1792 English commentary, aligned to the Kassel reference edition.) focus
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26.5.
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Commentarius in Aristotelis Poeticam (Franciscus Ritter, 1839) (OCR draft)
(Ritter's Latin commentary, extracted from the 1839 volume, divided by Ritter's chapters and sections, and linked to the corresponding Perseus reference subsections.)
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Ritter, cap. 26 § 3
Ritter, cap. 26 § 4
Ritter, cap. 26 § 5
Ritter, cap. 26 § 6
Ritter, cap. 26 § 7
Ritter, cap. 26 § 8