IV. Vers le même temps, Phéax, fils d’Érasistrate, fit voile avec deux vaisseaux pour l’ltalie et la Sicile, où il était envoyé en ambassade, lui troisième, par les Athéniens. Les Léontins, après l’évacuation de la Sicile par les Athéniens, lors de la paix, avaient inscrit un grand nombre de citoyens nouveaux, et le peuple méditait le partage des terres
1
; les riches, instruits du projet, appelèrent les Syracusains, et expulsèrent le peuple. Les bannis se dispersèrent chacun de leur côté; quant aux riches, ils traitèrent avec les Syracusains, abandonnèrent la ville, la laissèrent déserte, et allèrent
2
3
habiter Syracuse, avec le droit de cité. Mais, plus tard, une partie d’entre eux abandonna Syracuse, à la suite de quelque mécontentement, pour s’établir dans un quartier de Léontium appelé Phocées, et à Bricinnes
4
, forteresse sur le territoire de cette même ville. La plupart des bannis de la faction populaire vinrent les rejoindre, s’établirent avec eux et se défendirent
5
du haut des murailles. A cette nouvelle, les Athéniens envoient Phéax, avec mission d’entraîner leurs alliés de ces contrées et les autres Siciliens, s’il était possible, à faire en commun la guerre aux Syracusains, sous prétexte que ceux-ci aspiraient à la domination; leur but était de sauver le peuple de Léontium. Phéax, à son arrivée, réussit auprès des Camarinéens et des Agrigentins; mais il rencontra de l’opposition à Géla, et ne fit dès lors aucune tentative auprès des autres villes, sentant bien qu’il ne pourrait les convaincre. Il revint à Catane à travers le pays des Sicules, entra, en passant, à Bricinnes, y ranima les courages et s’embarqua.