après le sort atroce que j'ai subi d'un fils, aucun dieu ne s'indigne en faveur d'une mère qu'égorgea un bras parricide. Vois : que ton cœur contemple mes plaies dans le som- meil : l'âme mortelle est toute éclairée d'yeux, à qui le don de
[L'OMBRE DE CLYTEMNESTRE]
voir est refusé quand vient le jour
1
. N'avez-vous pas souvent humé de mes offrandes, libations sans vin, sobres breu- vages apaisants? N'ai-je pas offert plus d'une victime, la nuit, à vos saints repas, sur l'autel flambant, à une heure
ignorée de tous les autres dieux
2
? Et tout cela, aujourd'hui, je le vois foulé aux pieds! Lui, s'évade, disparaît comme un faon, et, d'un bond léger, le voilà hors du filet, qui vous salue d'une magnifique grimace! Entendez-moi : il y va de ma
vie, à moi
3
! Reprenez donc vos sens, déesses de l'Enfer. Du fond de vos songes, Clytemnestre vous appelle.
Grondement du Chœur.
voir est refusé quand vient le jour 1 . N'avez-vous pas souvent humé de mes offrandes, libations sans vin, sobres breu- vages apaisants? N'ai-je pas offert plus d'une victime, la nuit, à vos saints repas, sur l'autel flambant, à une heure
ignorée de tous les autres dieux 2 ? Et tout cela, aujourd'hui, je le vois foulé aux pieds! Lui, s'évade, disparaît comme un faon, et, d'un bond léger, le voilà hors du filet, qui vous salue d'une magnifique grimace! Entendez-moi : il y va de ma
vie, à moi 3 ! Reprenez donc vos sens, déesses de l'Enfer. Du fond de vos songes, Clytemnestre vous appelle.
[L'OMBRE DE CLYTEMNESTRE]
Ah! vous pouvez gronder! l'homme a disparu, lui, et
court au loin. Les miens ont à qui recourir — et moi, non!
Grondement du Chœur.
court au loin. Les miens ont à qui recourir — et moi, non!
[L'OMBRE DE CLYTEMNESTRE]
Vraiment, tu dors trop, sans pitié pour ce que j'endure. Et mon assassin, le parricide Oreste, a disparu!
Cri inarticulé du Chœur.
[L'OMBRE DE CLYTEMNESTRE]
Tu cries, tu dors : allons vite, debout! T'aurait-on alloué
d'autre lot que de faire souffrir ?
Cri inarticulé du Chœur.
d'autre lot que de faire souffrir ?
[L'OMBRE DE CLYTEMNESTRE]
Le sommeil, la fatigue, conjurés invincibles, ont épuisé la fougue du farouche dragon.
Double grondement strident du Chœur
4
.
LES EUMÉNIDES
[L'OMBRE DE CLYTEMNESTRE]
voir est refusé quand vient le jour
5
. N'avez-vous pas souvent humé de mes offrandes, libations sans vin, sobres breu- vages apaisants? N'ai-je pas offert plus d'une victime, la nuit, à vos saints repas, sur l'autel flambant, à une heure
ignorée de tous les autres dieux
6
? Et tout cela, aujourd'hui, je le vois foulé aux pieds! Lui, s'évade, disparaît comme un faon, et, d'un bond léger, le voilà hors du filet, qui vous salue d'une magnifique grimace! Entendez-moi : il y va de ma
vie, à moi
7
! Reprenez donc vos sens, déesses de l'Enfer. Du fond de vos songes, Clytemnestre vous appelle.
Grondement du Chœur.
voir est refusé quand vient le jour 5 . N'avez-vous pas souvent humé de mes offrandes, libations sans vin, sobres breu- vages apaisants? N'ai-je pas offert plus d'une victime, la nuit, à vos saints repas, sur l'autel flambant, à une heure
ignorée de tous les autres dieux 6 ? Et tout cela, aujourd'hui, je le vois foulé aux pieds! Lui, s'évade, disparaît comme un faon, et, d'un bond léger, le voilà hors du filet, qui vous salue d'une magnifique grimace! Entendez-moi : il y va de ma
vie, à moi 7 ! Reprenez donc vos sens, déesses de l'Enfer. Du fond de vos songes, Clytemnestre vous appelle.
[L'OMBRE DE CLYTEMNESTRE]
Ah! vous pouvez gronder! l'homme a disparu, lui, et
court au loin. Les miens ont à qui recourir — et moi, non!
Grondement du Chœur.
court au loin. Les miens ont à qui recourir — et moi, non!
[L'OMBRE DE CLYTEMNESTRE]
Vraiment, tu dors trop, sans pitié pour ce que j'endure. Et mon assassin, le parricide Oreste, a disparu!
Cri inarticulé du Chœur.
[L'OMBRE DE CLYTEMNESTRE]
Tu cries, tu dors : allons vite, debout! T'aurait-on alloué
d'autre lot que de faire souffrir ?
Cri inarticulé du Chœur.
d'autre lot que de faire souffrir ?
[L'OMBRE DE CLYTEMNESTRE]
Le sommeil, la fatigue, conjurés invincibles, ont épuisé la fougue du farouche dragon.
Double grondement strident du Chœur
8
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LES EUMÉNIDES
(Μυγμός διπλοῦς ὀξύς)
LE CHOEUR.
Attrape! attrape! attrape!
Eumenides. Aeschylus. Paul Mazon (Editor). Paris. 1920-1925.
Sponsored by Perseus Project, Tufts University.
Funding provided by Schmidt Sciences.